lundi 19 novembre 2007

Pétition d'usagers mécontents… du gouvernement

Nous, usagers des transports en commun, demandons maintenant au gouvernement d’accéder aux revendications des grévistes, qui nous semblent parfaitement légitimes.
Oui la grève des transports c’est la « galère ». Et tandis que nous « galérons » nous nous rendons bien compte du travail accompli sept jours sur sept, du petit matin au milieu de la nuit, par les cheminots et l’ensemble des agents de la SNCF et de la RATP. Sans ce service public, que d’embouteillages, de pollution. Impossible de nous déplacer librement, facilement, pour nous rendre à notre travail ou porter un petit pot de beurre à notre grand-mère, en lisant un livre ou en résolvant une grille de Sudoku.
Ce service public est assuré par des salariés qui, en échange du travail alterné, de nuit, loin de chez eux, avaient droit jusqu’à présent de partir en retraite plus tôt. Leurs régimes de retraite sont aujourd’hui en déficit. Comment résorber ce déficit ? En diminuant les multiples exonérations de charges patronales ? En relançant l’emploi dans ces secteurs (car le déficit des régimes spéciaux est dû non pas à un rapport pensions/cotisations plus faible qu’ailleurs – ces salariés cotisent davantage –, mais au déséquilibre démographique engendré par les considérables économies de main-d’œuvre faites ces dernières années au nom de la rentabilité) ? Non, le gouvernement a choisi, après la fermeture des lignes « non rentables », des maternités « non rentables », des bureaux de poste « non rentables », de supprimer les régimes spéciaux. Ce choix n’est pas une nécessité, c’est un choix politique.
Les économies prévues (quelques centaines de millions d’euros) ne justifient pas les difficultés plus ou moins considérables rencontrées ces jours-ci par un grand nombre de personnes, ni que soit immoralement remis en cause le contrat signé par ces travailleurs au début de leur carrière.
Dès lors il nous paraît clair (et le gouvernement s’en cache guère) qu’il s’agit plutôt de porter des coups au mouvement social de sorte que nous ne puissions plus réagir lorsque sera décrétée par la suite l’allongement de la durée de cotisation à 41, 42 voire 45 ans, pour tous. Là encore les cheminots travaillent pour nous. Nous n’acceptons pas que des ministres conduits par un chauffeur nous demandent de prendre notre mal en patience jusqu’à ce que le combat cesse faute de combattants.
Il ne nous viendrait évidemment pas à l’idée de demander aux grévistes de reprendre le travail attendu que, personne ne le contestera, chacun dispose librement de sa force de travail. C’est pourquoi nous, usagers, qui aimerions pouvoir recommencer à circuler librement, nous nous tournons vers le gouvernement et lui demandons solennellement de renoncer au projet de réforme des régimes spéciaux.

proposé par SGJBB St-Denis

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