vendredi 16 novembre 2007

Les médias mentent

Mercredi 14 novembre, les étudiants du comité de mobilisation Jourdan étaient présents en nombre à la manifestation conjointe entre cheminots et étudiants. Nous y avons étrenné une grande banderole "Normale Sup, EHESS, Pour un vrai service public de l'enseignement supérieur et de la recherche". Plusieurs journalistes sont venus vers nous, apparemment "étonnés" que des étudiants "pivilégiés" soient engagés dans la mobilisation contre la loi Pécresse: preuve s'il en est que la distinction élitiste entre étudiants "glandeurs" de la fac et élèves "d'élite" des classes préparatoires et grandes écoles façonne les représentations des journalistes.
Une journaliste du Figaro, Anne-Noémie Dorion, a notamment interrogé deux d'entre nous pendant dix bonnes minutes chacun. Nous lui avons exposé nos revendications: abrogation de la loi LRU, réengagement financier massif de l'Etat dans l'enseignement supérieur et la recherche, contrôle collectif et démocratique de la recherche par les chercheurs, alignement de l'effort financier public fourni par étudiant sur le niveau des classes préparatoires, condamnation des violences policières, refus de la fermeture administrative des facs, prise de position contre la casse du service public, et notamment, solidarité avec les cheminots.
Résultat dans le Figaro du lendemain, l'article suivant: "Dans les manifs, des étudiants pas très convaincus".
Anne-Noémie Dorion a délibérément zappé les propos pour le coup très convaincus que nous lui avons tenus, pour se contenter d'une citation tronquée d'un certain Nicolas de Normale Sup qui n'était pas avec nous. Ceci prouve que les journalistes ne sont pas payés pour relayer l'information réelle, mais pour produire un article qui réponde aux attentes du rédacteur en chef et de l'actionnaire du journal. La nécessité d'un espace alternatif d'information comme celui-ci n'en est que plus évidente.

Pierre et Pascal, doctorants à Jourdan

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Heureuse d'apprendre que la solidarité existe entre étudiants, je ne suis pas moi même étudiante mais suis très inquiète sur l'avenir des FACS, je pense qu'Orwell et Badbury sont plus que jamais à l'ordre du jour, il faut lutter en effet et sauver le savoir, sans quoi c'est le retour à l'aube de l'humanité !

Anonyme a dit…

bonjour,
j'apprends au hasard d'une recherche internet qu'"anne-noemie dorion", a savoir moi-meme, "a délibérément zappé" les propos de deux étudiants. Le mieux, quand on a envie de diffamer quelqu'un, est de lui signifier directement, surtout si on choisit de citer son nom. C'est un peu plus courageux et un peu plus constructif. J'imagine que la principale raison de mon "zapping délibéré" réside dans le fait que je ne cite que les propos les plus intéressants, ou les plus représentatifs, et que je ne peux citer chacun sous peine de devoir écrire un livre (plutôt rébarbatif qui plus est, si j'y répète toujours les mêmes phrases). Mon rédacteur en chef n'a donc rien à voir dans ce choix. Quant à l'intervention de Nicolas, je tiens à préciser si c'est nécessaire que je n'ai pas l'habitude d'inventer des interlocuteurs ni des propos. enfin, concernant le manque de motivations des manifestants,un peu moins d'égocentrisme pourrait vous faire prendre conscience que je tente d'avoir une vision générale de la situation et que vous ne représentez peut-être qu'une position très minoritaire dans cette ma nifestation dont je me souviens parfaitement. Ceci prouve que les journalistes, contrairement a Pierre et Pascal (qui malheureusement préfèrent mettre mon nom de famille plutôt que le leur), j'ai beau ne pas être parfaite, j'ai au moins le professionalisme de vérifier un minimum mes informations: quand on donne des leçons, et qu'on accuse les autres de ne pas relayer l'information réelle, la moindre des choses est d'être irréprochable de son côté, plutôt que d'inventer suivant ses impressions. Cela prouve, comme vous le dites justement, que la nécessité de vrais espaces d'information est évidente, (ce qui nous fait au moins un point d'accord). Mais je ne suis pas sûr que vous puissiez y contribuer (je ne vous apprend pas votre métier, faites moi la grâce de croire que le mien s'apprend également et que n'importe qui ne peut pas l'exercer comme vous nez de la prouvez en me diffamant sans AUCUNE preuve ni aucune vérification) à 4 reprises.