mardi 20 novembre 2007

Les réformes nécessaires expliquées aux cons, 1

Partie 1: La nécessaire réforme des retraites en faillite expliquée aux cons

Je profite de cet espace d'expression pour m'adresser à l'immense majorité de cons qui, malheureusement, peuplent ce pays. Comme préalable, je tiens à préciser que je ne leur en veux pas d'être cons, mauvais à l'école, lents ou portés sur la bouteille: je sais bien que leurs origines sociales ne les prédisposent pas à briller dans les exercices académiques ou encore le maniement du verbe, encore moins à comprendre une chronique d'économie. Là où je leur en veux, c'est de ne pas faire un effort pour écouter et pour comprendre ce que moi, et bien d'autres avant moi, tentons de leur expliquer depuis des années maintenant. Tous conviendront que nos cons nationaux semblent comfortablement installés dans leur connerie, et c'est regrettable.
Cheminots, traminots, tendez donc l'oreille. Vous avez eu droit à des régimes spéciaux pendant des années, mais maintenant ils sont en faillite: il devient donc nécessaire et urgent d'aligner vos droits sur ceux du régime général des fonctionnaires. IL N'Y A PLUS D'ARGENT! Nada! C'est la dèche! Oui, j'entends le moustachu qui rigole au fond sous sa casquette, le président s'est augmenté de 206%, le patronat a une caisse noire de 600 millions d'euros, etc., on connaît cette rengaine, mais je ne suis pas ici pour tenir un discours partisan, mais un discours de bon sens économique : alors, que nos révolutionnaires professionnels arrêtent leur propagande, et prêtent l'oreille à un argument purement comptable - le régime de retraite doit être équilibré! De toutes façons, on ne peut prendre l'argent à d'autres sources pour donner aux retraites, parce que c'est contradictoire avec la loi d'orientation des finances, ou LOLF: cassé! Regardez tous les autres pays modernes qui nous ont devancé sur la réforme des retraites, regardez le bonheur des retraités américains qui reçoivent leur pension de mutuelles de retraite privées - oui d'accord, quelquefois ils ne reçoivent rien, mais fallait juste qu'ils cotisent plus, on peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre, ma bonne dame.

Par ailleurs, rendez-vous à l'évidence d'un argument contre lequel on ne peut rien: l'espérance de vie a augmenté depuis 1945, alors il faut qu'on travaille plus. Ceci, en vertu de ce principe bien connu de tous, selon lequel il faut qu'il y ait toujours le même nombre d'années entre la fin du travail et la mort. Oui, madame avec la doudoune beige, au premier rang? Vous dites?... Que les ouvriers vivent 7 ans de moins que les cadres, et passent 8 ans de plus en mauvaise santé avant de mourir? Un manoeuvre a un risque 3 fois plus élevé qu'un ingénieur de mourir entre 35 et 65 ans? Mais madame, ce n'est pas au reste de la société de payer les pots cassés: il faudrait déjà songer à arrêter la picole et le tabac blond!

Cons de France, j'en termine là. Nous allons tout faire pour améliorer notre pédagogie, puisque visiblement, vous n'avez toujours pas compris. J'espère au moins que vous êtes reconnaissants de nos efforts répétés d'explication adaptés à vos capacités, comme l'actualité nous porte à le faire depuis l'épisode malheureux du référendum sur la Constitution européenne, où vous avez failli tout faire foirer. Un petit conseil pour les soirées d'hiver: au lieu d'écrire des tracts irrationnels, lisez des articles de revues d'économie américaines, regardez Christine Ockrent et Jean-Pierre Pernaut, écoutez Nicolas Demorand, en faisant enfin ne serait-ce qu'un effort minimal pour comprendre: en un mot, développez votre capacité d'analyse, et par le dialogue, enrichissez-vous!

Pascal, étudiant

1 commentaire:

Anonyme a dit…

je suis tout à fait d'accord il faut plus d'argent pour financer les retraites à venir. Le régime général étant indexé sur le travail, il faut travailler plus longtemps pour cotiser plus longtemps ou travailler autant en cotisant plus. Il y a quand même quelque chose qui m'embête, c'est qu'il n'y a plus de travail. Mais on s'enrichit quand même. Donc il suffit de déterminer la source du profit pour y puiser. C'est vrai qu'on résout plein de chose avec une vision comptable.