Selon Jean-Louis Olive, université de Perpignan:
Je viens juste d’avoir confirmation des faits :
Deux étudiants de l’Université de Perpignan, Yann et Pierre, ont été
arrêtés ce matin mercredi 19 décembre 2007 à 7 heures et à leur
domicile au motif de « dégradations, vol et menaces de mort
» (confirmé par leur avocat à 12 h 20). La police perquisitionne
leurs deux domiciles en ce moment. Nous constatons avec stupeur et
avec un très profond écoeurement que les motifs cités ci-dessus
émanent d’une plainte formulée par M. Jean Benkhélil, Président de
l’Université de Perpignan Via Domitia, soutenu par son conseil
d’administration. Cette plainte figure en page d’accueil du site
officiel de l’UPVD, une université qui crache sur ses étudiants !
Il y a peu, le même Président, qui invitait les vigiles en blousons
noirs (milices privées et non assermentées) sur le campus (coût 40
000 euros), attestait que c’était pour prévenir des heurs « entre
étudiants », preuve aussi que, si l’amphi 4 était bloqué au titre de
la demande d’abrogation de la LRU, l’amphi 3 était aussi bloqué au
titre de la reprise des cours, et que, des deux groupes adverses (on
n'a rien fait pour les rapprocher), on peut légitimement se demander
lequel était le plus violent, ou lequel était réellement noyauté par
des éléments extérieurs, ou extérieurs de l’intérieur à savoir des
enseignants encartés…
Quel que soit le degré (subjectif) de gravité des faits et l’étendue
(réelle ou supposée) des dégâts (matériels pour l’administration,
physiques pour la coordination étudiante), il y a un grave excès à
porter plainte au pénal et à traiter des revendications politiques et
des inquiétudes professionnelles en actes délictueux. Non seulement
on interdit ou en empêche tout débat de fond sur la LRU, mais on
considère comme une attitude coupable le fait d’oser la lire,
l’analyser et la dénoncer comme une infâmie - elle-même produit d'une
concertation "choisie" (CPU et non CP-CNU par exemple !).
On assiste incontestablement à une grave criminalisation des luttes
étudiants qui, même si elles ont usé de modes radicaux comme le
blocage, ne relèvent pas pour autant du pénal et du délit de droit
commun : à ma connaissance, quoi qu’en disent certains enseignants
hystériques (qui ont eux-mêmes « débloqué » l’amphi 4 avec grande
violence le mercredi 5 décembre), il n’y a eu de blessés que du côté
des étudiants grévistes. Quant aux dégradations (tags et graffiti sur
les murs de l’amphi, ou dommages d’une autre nature ?), il est facile
de faire porter le chapeau a posteriori à ceux qu’on a déjà désignés,
stigmatisés et criminalisés. D'autres dégradations ont été commises
après les événements : commises par qui ? et pourquoi ?
On a parfois honte de la corporation où nous devons cohabiter avec
certains collègues que ne dérange aucunement l’idée de voir des
jeunes gens turbulents arrêtés à demeure et au matin. Que ceux qui
ont parlé de menaces de mort jurent que l’idée même ne vient pas
d’eux ! ou plutôt le parjurent… Comment peut-on à ce point enseigner
et haïr de concert ? Même les grands bavards syndicaux sont absents
ou en retrait. Que se passe-t-il dans cette petite université ? et
dans tout le pays ?
Des décisions suivront. Je vous informerai ! Pour l’heure, je suis
trop abattu pour continuer sereinement. Il n’y a toujours pas de
coordination SLU à Perpignan. Demain peut-être…
Je vais prendre l’air. Je reviendrai : on n’a pas le droit
d’abandonner Yann et Pierre !
JLO,
Un enseignant en colère contre la LRU et ses portefaix locaux et
localistes
mercredi 19 décembre 2007
Perpignan: arrestation de 2 étudiants à leur domicile
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)

1 commentaire:
Notre fac a revotée l'occupation des locaux suite a l'assemblée générale tenue ce matin 7 janvier 2008. Les autres pôles auront leur AG demain. AMIENS RESTE MOBILISEE !!!!
Enregistrer un commentaire