Depuis quelques semaines - et surtout depuis le "départ" de l'Unef, qui avait pris le train en marche - on parle volontiers d'essouflement de la mobilisation: comme si les étudiants et personnels mobilisés se rendaient compte petit à petit que leur combat n'était pas si juste que cela, qu'ils étaient "ultra-minoritaires" et qu'en démocratie il faut respecter la loi de la majorité, etc...
C'est pourtant inexact, et pour deux raisons:
- les médias - eh oui toujours eux - ne parlent plus de ce qui se passe dans les facs, alors qu'il se passe encore plein de choses. Seul cet excellent article du Canard enchaîné fait un point objectif sur l'étouffement médiatique d'une mobilisation "qui n'existe pas" - puisque personne n'en parle!
- dans cette mobilisation, les gens ne se sont pas épuisés d'eux-même; les grévistes ne sont pas de grands bébés qui font un caprice et puis qui, après avoir réfléchi dans leur chambre, décident d'être gentils à nouveau. Non: on a épuisé la mobilisation. Ce sont les anti-grévistes, "apolitiques" mais violents, qui s'assument depuis qu'on est en Sarkozye, qui ont épuisé le mouvement: en frappant, en insultant, en encourageant les CRS à frapper. Ce sont les présidents d'université, accrochés aux super-pouvoirs qui vont leur être octroyés et s'y croyant déjà, qui, en excluant, fustigeant, frappant et encourageant eux aussi les autres à frapper, ont épuisé le mouvement. Ce sont enfin les forces de l'ordre, frappant, insultant, arrêtant de façon arbitraire, qui ont étouffé le mouvement.
Mais les gens restent déterminés; il s'agit juste de trouver d'autres moyens d'action, face à des adversaires puissants qui n'hésitent pas à réprimer violemment.
Une vidéo récente illustre parfaitement ces considérations. Voyez plutôt: des étudiants qui sont sommés de sortir de la fac, et dans la fac, des policiers et le président... Il n'y a pas comme une inversion?
Pascal
vendredi 14 décembre 2007
L'essouflement de la mobilisation? Non : son étouffement.
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1 commentaire:
Tres bon article, je suis d'accord avec toi.
Ce qui me choque, c'est que Pecresse avance dans son chantier de 'reformes' sans meme regarder derriere elle! Elle fait semblant de considerer que la LRU est maintenant acceptee par tous, et qu'elle peut ainsi paisiblement continuer son chemin alors qu'elle sait pertinemment que ce n'est pas le cas et que meme si les deblocages se succedent, les etudiants se battent pour trouver de nouveaux moyens de lutte... or elle fait la sourde, l'aveugle... pfff et les medias qui ne relayent meme pas ce qui se passe... un bon gros tchip s'impose !
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